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LA
CO-EPIDEMIE VIH/TB SE PROPAGE EN AFRIQUE, RENDANT TRES DIFFICILE LE
CONTROLE AU NIVEAU MONDIAL DE DEUX DES MALADIES INFECTIEUSES MORTELLES LES
PLUS DANGEREUSES: 02/11/2007
(MaximsNews Network)
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Forum
for Collaborative HIV Research- / MaximsNews Network /
- 02 November 2007 -
Le duo passé largement inaperçu entre les épidémies
mondiales du VIH et de la tuberculose (TB) a atteint son apogée pour se
transformer en co-épidémie mortelle qui se propage rapidement en Afrique
subsaharienne. Un rapport publié ce jour par le Forum for Collaborative HIV
Research que confirment des experts des principales organisations
internationales de santé, indique que les services de santé ne peuvent
cependant pas correctement diagnostiquer, traiter ou contenir cette co-épidémie,
car certaines questions scientifiques et médicales restent sans réponse.
Près
d’un tiers des 40 millions de personnes touchées par le VIH/SIDA dans le
monde est également co-infecté par la TB, et le taux de mortalité du VIH/TB
est cinq fois supérieur à celui de la tuberculose seule. Le rapport indique
que ceci a créé une situation d’autant plus urgente que l’on assiste à
une forte augmentation d’une forme de TB multirésistante dans certaines régions
où existe une forte prévalence du VIH.
« L’œil
du cyclone se trouve actuellement en Afrique subsaharienne où la moitié des
nouveaux cas de TB est co-infectée par le VIH, et où une TB résistante aux médicaments
se propage insidieusement », déclare Veronica Miller, coauteur du rapport et
directrice du Forum for Collaborative HIV Research, un partenariat international
indépendant entre le secteur public et le secteur privé, regroupant des
chercheurs, des avocats représentant les malades, et des représentants du
gouvernement et de l’industrie. « Contrairement à la grippe aviaire, la
menace VIH/TB au niveau mondial n’est nullement hypothétique. Elle existe,
elle est là. Mais la science et la coordination nécessaires pour l’arrêter
sont largement insuffisantes ».
Découvert
pour la première fois il y a 23 ans, le VIH/TB touche aujourd’hui près
d’un tiers des 40 millions de personnes infectées par le VIH. En l’absence
de traitement approprié, 90 pour cent des personnes VIH positives décéderont
quelques mois après avoir contracté la TB.
Le
nouveau rapport intitulé “Co-infection VIH-TB : relever le défi” se fonde
sur les conclusions d’un symposium et les discussions d’une table ronde
organisée à Sydney en Australie, lors de la conférence de l’International
Aids Society (IAS) en juillet 2007. Outre le Forum for Collaborative HIV
Research, nombre d’autres organisations de santé importantes ont co-sponsorisé
ces manifestations, notamment l’Agence Nationale de Recherches sur le Sida et
les Hépatites Virale (ANRS) en France, la Fondation Bill & Melinda Gates,
CREATE (Consortium to Respond Effectively to the AIDS-TB Epidemic), le European
and Developing Countries Clinical Trials Partnership (EDCTP), l’International
AIDS Society, Tibotec, les U.S. National Institutes of Health, et le groupe de
travail TB/VIH du Partenariat Stop TB de l’Organisation mondiale de la santé
(OMS).
La
rapide propagation du VIH/SIDA s’explique par la géographie et la biologie de
la co-infection. Un tiers de la population mondiale – soit près de deux
milliards de personnes – est infecté par la TB. Mais chez la majorité des
personnes infectées, la maladie est à l’état latent, maintenue à ce stade
par le système immunitaire. Seule une personne sur dix infectées par la TB développera
la forme active de la maladie au cours de son existence. Le VIH modifie cette équation.
Chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli par la maladie, dix
pour cent développeront chaque année une forme active de la TB.
« Dans
le monde actuel, une nouvelle personne est infectée toutes les secondes.
Sachant qu’une grande partie de cette transmission se produit dans des régions
avec une forte prévalence du VIH, on comprend mieux le danger imminent de cette
co-épidémie », déclare Diane Havlir, Présidente du Groupe de travail TB/VIH
(OMS).
Le
rapport indique que l’épidémie a totalement déstabilisé le contrôle de la
TB dans des régions où les taux de VIH sont élevés. Par exemple, dans une
communauté de 13000 personnes vivant à l’extérieur du Cap en Afrique du Sud,
le nombre de malades atteints de la TB a été multiplié par six entre 1996 et
2004, passant de 30 à 180 par an. Les taux de TB dans cette communauté sont
150 fois supérieurs aux taux nationaux de nombreux pays à hauts revenus.
« Il y
a eu une véritable explosion de la TB dans cette communauté, et ce scénario
s’est répété dans toute l’Afrique australe », déclare Stephen Lawn, un
chercheur en médecine à l’Université du Cap en Afrique du Sud.
Cette
co-épidémie constitue un revers sur le plan du contrôle au niveau mondial de
la tuberculose qui autrement, aurait enregistré un recul.
VIH et
TB multirésistante
Au début
de cette année, le U.S. Centers for Disease Control and Prevention a déployé
d’énormes efforts pour empêcher un homme suspecté d’être porteur de la
XDR-TB de voyager à l’extérieur du pays. Cependant, d’après le rapport,
les cas de tuberculose multirésistante (MDR-TB) et de TB ultrarésistante (XDR-TB)
sont en forte hausse et souvent accompagnés d’une co-infection par le VIH.
(La MDR-TB est résistante à deux des principaux médicaments prescrits contre
la TB, et la XDR-TB est résistante à presque tous les médicaments de première
et deuxième ligne.)
Le
rapport fait état d’une flambée épidémique du VIH/XDR-TB à Tugela Ferry
en Afrique du Sud où le nombre de cas a été multiplié par cinq au cours de
ces deux dernières années. Les 53 personnes chez qui les médecins avaient
diagnostiqué une XDR-TB lors de cette flambée épidémique étaient toutes
infectées par le VIH. Le taux de mortalité extrêmement élevé chez ces
personnes était de 98% et une fois le diagnostic établi, elles ne survivaient
en moyenne que seize jours. Depuis, plus de 450 cas de MDR-TB ont été signalés
à Tugela Ferry, dont 55% de cas de XDR-TB, qui pour la plupart étaient infectés
par le VIH. Le taux de mortalité de la XDR-TB est en léger déclin, mais reste
élevé et s’établit à 85%, et les taux de mortalité parmi les cas de MDR-TB
restent également alarmants, de l’ordre de 70%.
Tugela
Ferry n’est pas un cas unique. Au niveau international, les estimations chiffrées
portant sur la TB multirésistante indiquent une augmentation dramatique. Depuis
octobre 2007, des cas de XDR-TB ont été confirmés dans 41 pays, contre 17 en
mars 2006. On estime que 400 000 personnes sont actuellement infectées par la
MDR-TB et 26 000 sont infectées par la XDR-TB. Mais ces chiffres sous-estiment
le problème, car il n’existe pas de données sur les régions où existe une
forte prévalence du VIH.
« Le
taux de mortalité de la TB ultrarésistante combinée au VIH est effarant, avec
plus de 80% des malades condamnés à un décès rapide », indique Richard
Chaisson, Directeur de CREATE. « En dépit de l’urgence et du sérieux du
problème, nous ne disposons ni de tests ni d’outils de surveillance nous
permettant de connaître l’ampleur de la XDR-TB et du VIH dans de grandes régions
d’Afrique. »
Le
rapport indique que l’Afrique du Sud est le seul pays d’Afrique
subsaharienne ayant les laboratoires pour diagnostiquer la XDR-TB. Il demande
par ailleurs que les méthodes d’enquête sur la flambée épidémique soient
utilisées pour établir une cartographie des points névralgiques du VIH et de
la TB résistante.
Principaux
défis médicaux et scientifiques
La
Co-infection par le VIH/TB présente de sérieux défis médicaux et
scientifiques, parmi lesquels, des difficultés de diagnostic, le contrôle de
l’infection, et la gestion des cotoxicités entre des médicaments utilisés
au préalable séparément pour traiter ces deux maladies. Tous ces problèmes
sont amplifiés chez l’enfant. En outre, la majorité des protocoles de
traitement ciblent soit le HIV soit la TB, et les centres traitant ces maladies
sont souvent très éloignés l’un de l’autre.
« Nous
avons besoin de services intégrés VIH-TB dans les services de santé primaires
pour atteindre une population plus large », dit Havlir. « Ceci signifie que
nous avons non seulement besoin d’une recherche fondamentale et clinique sur
le VIH-TB, mais également d’une recherche permettant de définir les
meilleurs modèles de soins ».
Le
rapport donne des détails sur certains des problèmes les plus urgents qui
exigent une recherche accélérée :
Diagnostic
du VIH/TB
Dans de
nombreuses cliniques, il est possible de diagnostiquer avec fiabilité le VIH en
moins de 15 minutes en utilisant un simple test. Par contre, le test
tuberculinique standard, découvert il y a 120 ans, ne détecte pas 40 à 80
pour cent des cas de TB chez les personnes infectées par le VIH/TB. Il existe
un test plus poussé de culture des crachats, mais l’absence de laboratoires
fait que la grande majorité des malades en Afrique ne peut avoir accès au
test. Et même lorsque ce test est disponible, il faut en général de longues
semaines avant de connaître les résultats. Et entre-temps, les personnes
atteintes d’une TB active, notamment la MDR-TB et la XDR-TB, peuvent en toute
innocence participer à la propagation de la maladie.
Les
symptômes atypiques chez les personnes co-infectées viennent compliquer encore
la détection de la TB. En cas de co-infection, la probabilité d’une maladie
pulmonaire déclenchée par la TB est moins élevée que la probabilité d’une
« TB disséminée » touchant n’importe quel organe du corps. De ce fait, les
radios du poumon habituelles sont beaucoup moins utiles pour établir le
diagnostic.
La TB
chez les enfants infectés par le VIH
Le
rapport indique que chaque année, près d’un quart des enfants infectés par
le VIH développent une TB, et la TB résistante est en hausse chez les enfants.
Beaucoup de questions restent sans réponse dans le diagnostic et le traitement
de la co-infection VIH-TB au niveau pédiatrique, et il n’existe pas de médicaments
à usage pédiatrique formulés pour traiter la TB et le VIH simultanément. En
dépit de cela, il n’y a eu que de rares essais cliniques sur la TB chez
l’enfant afin d’optimiser le diagnostic et les résultats du traitement.
«
Presque tout nouveau-né VIH positif est atteint de pneumonie, et la TB déclenche
également une pneumonie aiguë, mais avec les outils dont nous disposons
actuellement, il est difficile de faire la part de ce qui est dû à la TB et de
ce qui ne l’est pas », dit Mark Cotton, pédiatre et chercheur sur le VIH à
l’Université Stellenbosch en Afrique du Sud. « Les enfants devraient être
inclus dans les essais d’évaluation des nouveaux médicaments ».
Le
rapport indique que la vaccination par le Bacille Calmette-Guérin (BCG) chez
l’enfant est une source supplémentaire de préoccupations. Le vaccin offre
une certaine protection contre la TB disséminée chez l’enfant. C’est ainsi
que suivant les recommandations de l’OMS, dans la majorité des pays en développement,
le BCG est administré une seule fois à la naissance. Mais de récentes études
font état d’un nombre élevé de cas de maladie par le BCG et de décès liés
à cette maladie chez les enfants infectés par le VIH et vaccinés, et l’OMS
a publié une note d’avertissement sur l’utilisation du BCG chez l’enfant
infecté par le VIH.
« Une
étude indique un taux de mortalité de 75 % chez les enfants atteints de la
maladie par le BCG et 70 % de ces enfants étaient infectés par le VIH. Il est
clair que ceci est un problème qui exige une attention immédiate, » déclare
Cotton.
Contrôle
de l’infection
Le
rapport indique l’existence d’un médicament qui semble empêcher la
propagation de la forme active de la maladie chez les malades co-infectés par
la VIH / TB et qui permettrait donc de contrôler l’infection, et qui n’est
pratiquement pas utilisé à cette fin. L’isoniazide est un médicament de
première intention utilisé pour traiter la TB. Mais les inquiétudes soulevées
par l’isoniazide en thérapie préventive (ITP) sont telles que le Botswana
est le seul pays d’Afrique sub-saharienne à utiliser l’ITP au niveau
national. Au rang de ces inquiétudes figurent : la possibilité d’une résistance
au médicament utilisé dans l’ITP, l’efficacité de courte durée de
l’ITP, et les difficultés à écarter une TB active chez les personnes co-infectées.
« On a
actuellement besoin d’une recherche qui s’attaque à ces préoccupations, et
qui développe un tel outil ou propose des alternatives permettant de contrôler
la propagation de l’infection, » dit Lawn.
Ce qui
est nécessaire
Le
rapport indique que d’importantes organisations multilatérales,
gouvernementales, scientifiques et de bailleurs de fonds commencent à
s’engager plus avant dans la lutte contre le VIH-TB mais qu’il reste encore
beaucoup à faire. Le rapport fait la synthèse du rôle et des engagements des
principales organisations mondiales de la santé qui ont participé aux
discussions de la table ronde.
« Il
est nécessaire que les agences de financement, les chercheurs, les décideurs,
les sociétés pharmaceutiques et les communautés entreprennent une action
urgente pour relever le défi que pose la double épidémie HIV-TB » déclare
Miller. « Le fait que ces organisations aient commencé à s’attaquer
conjointement aux défis du VIH-TB montre que les cloisons qui séparent les
deux maladies commencent à s’effriter. Nous devons abattre ces cloisons,
autrement nous continuerons à être dépassés par la co-épidémie VIH-TB.
Le
rapport décrit les points importants au niveau de la recherche et les mesures nécessaires
pour juguler la co-épidémie HIV-TB. Parmi lesquels :
Une
recherche pour élaborer des tests de diagnostic fiables et rapides permettant
de détecter la TB résistante et celle qui réagit au traitement, à utiliser
chez l’adulte et l’enfant VIH positifs dans les centres de soins ; Développer
un outil de dépistage pour identifier les cas éventuels de MDR / XDR-TB ; Équiper
les laboratoires pour leur permettre de diagnostiquer les MDR et XR-TB ;
Utiliser des méthodes d’enquête sur la flambée épidémique pour rapidement
détecter les zones névralgiques de la TB résistante et du VIH plutôt que de
se fier aux méthodes habituelles de contrôle ; Une recherche qui s’attaque
aux aspects pratiques comme la ventilation, et qui peut faciliter la mise en
place de procédures de contrôle de l’infection dans les centres de soins ;
Une recherche pour élaborer des outils de diagnostic permettant d’écarter
une TB active avant de prescrire l’isoniazide en thérapie préventive (ITP)
chez les malades VIH positifs afin d’éviter de prescrire un traitement
insuffisant pour une TB active, ce qui engendrerait une résistance aux médicaments
; Des études faisant autorité pour déterminer le risque que l’ITP engendre
une résistance à l’isoniazide ; Une recherche pour mieux comprendre les
interactions médicamenteuses dans la TB et le VIH chez l’adulte et l’enfant
et pour optimiser les traitements dans les deux groupes ; Des études sur les résultats
virologiques, immunologiques et microbiologiques de la co-infection VIH-TB chez
l’enfant ; Une évaluation du vaccin BCG chez l’enfant infecté par le VIH ;
Une recherche pour proposer aux niveaux local, régional et national, et dans
les zones rurales et urbaines, des modèles de programmes VIH / TB étayés par
des preuves, afin de montrer l’interaction positive et les services que
peuvent offrir les programmes VIH et TB ; Des ressources, le plaidoyer et la
mobilisation communautaire pour encourager l’application et donner la priorité
aux programmes de recherche VIH / TB.
: www.eurekalert.org/HIV-TBreport
Le Forum
for Collaborative HIV Research est un partenariat indépendant entre le secteur
privé et public qui a pour mission de faciliter la discussion sur les problèmes
émergeants dans la recherche clinique sur le VIH et, d’appliquer les résultats
de la recherche au niveau des soins. Ce Forum regroupe des experts
internationaux des agences gouvernementales, des sociétés pharmaceutiques, des
universités, des organisations communautaires et de plaidoyer et des fondations
privées. Le Forum est hébergé par le Department of Prevention and Community
Health de la George Washington University School of Public Health and Health
Services. Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur
www.hivforum.org et cliquer sur « Co-infection VIH-TB : relever le défi »
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